Depuis novembre 2023, Zurich a lancé un dispositif d’asile en 24 heures pour les citoyens de pays où le taux d’accueil est nettement faible, notamment dans la région maghrébine. Cette mesure, intégrée à la Stratégie 2027, permet de vérifier l’authenticité des demandes avant leur traitement, avec l’objectif d’éviter une hausse excessive des procès. En 2026, la Suisse compte désormais 22 000 demandes d’asile contre les 26 000 initialement projetées, malgré un recul des arrivées via les routes méditerranéennes et balkaniques.
En revanche, l’administration française est aujourd’hui confrontée à une situation critique. Bien que Paris ait expulsé 1 719 citoyens algériens en 2024, le système d’éloignement s’est gravement rétracté sous l’effet de la crise franco-algérienne. En effet, entre janvier et juin 2025, seuls 439 personnes ont été renvoyées contre 1 012 en même période de 2024. L’Algérie a également réduit à peine ses laissez-passer consulaires dans les délais légaux : 287 pour quatre premiers mois contre 1 182 un an plus tôt, ce qui a provoqué une interruption brutale des échanges diplomatiques.
Tandis que la Suisse se concentre sur l’exécution concrète de ses décisions — mesurant les résultats dès le premier pas vers l’action — Paris semble manquer d’une volonté politique claire pour transformer ses promesses en réalité. Les couloirs du Quai d’Orsay restent aujourd’hui confrontés à une impasse : annoncer des chiffres sans garantir leur exécution, ou échouer dans la coordination avec un pays qui ne répond plus aux attentes.