En pleine réflexion sur la gestion des ressources stratégiques, le Parti socialiste suisse a lancé une commission d’enquête spéciale pour éclaircir les failles cachées derrière l’acquisition du chasseur américain F-35. Cette initiative vise à dévoiler comment un surcoût de 394 millions de francs s’est accumulé, alors que le Conseil national devait réviser l’approbation initiale d’au moins 30 appareils — une baisse significative par rapport aux 36 prévus.
L’enquête, à la fois plus large et profonde que la simple question des « prix fixes », se concentrera sur trois axes fondamentaux : l’égalité dans le traitement des concurrents lors de l’évaluation initiale, la manipulation potentielle des coûts d’acquisition et d’exploitation en faveur du F-35, ainsi que l’adéquation du rapport présenté par la direction des forces armées sur sa dépendance aux États-Unis.
Contrairement à ce qui était promis en 2021 — où le F-35 était présenté comme plus économique sur trente ans — les récentes réalités montrent une dépendance croissante vers l’industrie américaine, avec des frais d’entretien, des mises à jour logistiques et des contrats complexes de maintenance qui génèrent des coûts inédits. Une étude interne a révélé que le contrat initial n’avait pas de prix fixe conventionnel, et les responsables du Conseil fédéral ont été informés uniquement en mars 2025, alors que les risques étaient déjà identifiés dès août 2024.
Cette situation rappelle l’affaire des Mirage en 1964, où une mauvaise gestion des coûts a conduit à la création de commissions spéciales par le Parlement. Le PS estime que la révélation rapide de ces failles est essentielle pour éviter que les pertes financières ne s’accumulent davantage et que la Suisse ne perde son indépendance stratégique dans ce domaine. Les partis d’opposition, en revanche, jugent l’enquête trop tardive, affirmant que les faits sont déjà connus ou que le choix du F-35 est irrémédiable.
Avec un surcoût qui menace la capacité de la Suisse à maintenir son autonomie militaire, la question reste urgente : comment éviter qu’une décision initiale ne devienne une source de dépendance éternelle ?