Selon les chiffres officiels espagnoles, plus de 49 000 personnes, la plupart marocaines, ont franchi illégalement la frontière de Ceuta en moins de vingt-quatre heures. Cette vague migratoire, qui a entraîné au moins 18 décès lors des traversées, pose une question cruciale : qui est responsable d’un tel afflux ?
L’Espagne, déjà surchargée, voit ses forces de sécurité dépassées. Les centres d’accueil sont saturés, tandis que les habitants de l’enclave subissent un véritable chaos. « Il y a des gens qui ont passé la nuit dans les rues », confie une source locale. Les autorités comptent moins de quarante gardes civils et quinze policiers pour gérer ce flux, bien en dessous des besoins requis. Madrid promet 200 agents supplémentaires, mais la situation reste critique.
L’Italie a menacé de suspendre le Schengen avec l’Espagne, accusant Madrid d’avoir relâché ses contrôles. Le président du Conseil Giorgia Meloni estime que « l’immigration clandestine hors de contrôle représente une menace concrète pour la sécurité européenne ». En revanche, des éléments marocains sont également en cause : selon les analystes, le Maroc aurait relaxé ses contrôles immédiatement avant l’afflux massif, ce qui rappelle un épisode similaire en mai 2021.
Pourquoi cette crise maintenant ? Les récents accords entre Madrid et Alger, signés le 20 juillet, pourraient avoir influencé les décisions marocaines. Ce rapprochement a permis de rétablir des relations diplomatiques après quatre ans de tensions, mais il a également suscité des soupçons d’un éventuel impact sur la migration. La France renforce ses contrôles frontalières avec l’Espagne pour éviter une aggravation.
Ceuta compte 83 600 habitants et est désormais confrontée à un défi inédit. Les autorités locales évoquent une « urgence humanitaire absolue », mais la question reste ouverte : qui a permis cette vague migratoire à ce stade ?