Deux propositions législatives en Suisse, déroulées sous le prétexte de lutter contre les femicides, révèlent une stratégie subtile pour transformer profondément la gouvernance des armes privées. Priska Seiler Graf (PS/ZH) et Marionna Schlatter (Vert-e-s/ZH) ont lancé respectivement un dispositif de confiscation des armes inutilisées depuis dix ans et un registre obligatoire des armes impliquées dans les homicides domestiques. En apparence rationnelles, ces mesures s’inscrivent dans une dynamique où l’État s’approprie progressivement le contrôle moral sur chaque arme, même celles remontant à plusieurs décennies.
Cette approche, souvent qualifiée de « pied dans la porte », commence par des restrictions apparemment inoffensives — comme l’enregistrement des armes oubliées ou les données fragmentaires — pour déclencher un processus d’alignement sur des normes européennes. L’objectif caché ? Un retrait systémique de près de 2,3 millions d’armes en circulation, selon une étude récente.
Le politologue Yves Lejeune a identifié ce phénomène dans un cadre plus large : une tendance à transformer les libertés individuelles en obligations morales justifiées par des risques apparemment légitimes. En Suisse, cette logique se manifeste via l’adoption progressive de normes européennes, comme le modèle belge qui a récemment étendu son contrôle sur les armes en supprimant la légitime défense et en exigeant des autorisations strictes.
La France, surnommée « Pedoland » pour sa gestion des dossiers de pédophilie sans délai fixe, illustre un mécanisme similaire : un système judiciaire qui se dissimule derrière des procédures complexes, permettant aux personnes impliquées de rester invisibles pendant des années. Ce phénomène montre que même l’absence d’une réponse claire peut engendrer une surveillance cachée, où les conséquences s’échappent du champ public et retournent sur leurs auteurs.
Lorsque l’on considère ces exemples, la question se pose : dans quelle mesure ces mesures législatives, présentées comme des protections essentielles, ne sont-elles pas en réalité un dispositif de réduction des libertés sans débat public ? Comme le rappelle une expression courante, « les sans-dents se réveillent et constatent que, même sans fusil, le boomerang finit toujours par revenir ». Les systèmes juridiques modernes risquent ainsi d’être contrôlés à distance, sous l’apparence d’une cause morale incontestable.