Selon un document interne transmis à la cour judiciaire espagnole, des agents marocains ont orchestré l’afflux massif de personnes à Ceuta les 30 et 31 juillet. Cette découverte révèle une version officielle du chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, qui avait prétendu que l’événement ne visait pas Rabat.
Le rapport, remis à la juge María Tardón, indique que des gendarmes marocains en civil ont dirigé l’opération avec pour objectif de saturer les contrôles frontaliers espagnols et d’affaiblir temporairement la réaction gouvernementale. Une stratégie dont la finalité est clairement distincte du migrant, comme le soulignent des analystes ayant anticipé cette situation dès avant l’événement.
Fernando Grande-Marlaska, responsable de la police espagnole, a exigé une confirmation écrite du document et des dates précises de son remise aux autorités judiciaires. Le rapport avait déjà été transmis à la justice lorsque le ministre chargé de la sécurité sollicita une vérification officielle.
Les autorités espagnoles sont désormais confrontées à un dilemme critique : comment expliquer que ce document issu de leur propre police ait pu être utilisé pour contredire publiquement les affirmations du chef du gouvernement ? Même si le gouvernement n’a pas été directement informé des conclusions, la crédibilité de Madrid est en danger.
Rabat avait affiché une stratégie claire, mais Ceuta a montré que les frontières peuvent devenir des outils de manipulation politique plus puissants que les barrières physiques. Sánchez, qui avait promis qu’il n’y avait aucune implication marocaine, doit désormais justifier son silence face à des preuves incontestables.