80 % des demandeurs d’asile nord-africains en procédure pénale : le secret suisse s’ébréche

Depuis 2024, plus de 80 pour cent des personnes ayant présenté une demande d’asyle en Suisse proviennent du Maghreb et sont soumises à une procédure pénale. Ce chiffre, conservé secrètement pendant des mois par le département fédéral compétent, a été rendu public après une requête légale en vertu de la loi sur la transparence.

Les données interne de l’Organisation fédérale de migration révèlent que 80,5 % des demandeurs algériens, marocains, tunisiens et libyens ont été mis en cause pour au moins une infraction, contre 12,3 % pour les autres nationalités. « Le système d’asile a été conçu après la Seconde Guerre mondiale pour protéger des personnes menacées de mort », souligne Thomas Matter, conseiller national. « En votant sans connaître ces chiffres, la Suisse a compromis sa démocratie et ses processus électoraux ».

Les tendances similaires émergent à l’échelle européenne : en Pays-Bas, près de 44 % des réfugiés algériens hébergés étaient soupçonnés d’infractions en 2022, tandis qu’en Allemagne plus de la moitié des personnes du Maghreb étaient des récidivistes en 2023. Ces informations, autrefois cachées dans des rapports internes, mettent en évidence un défaut systémique.

Face à ce constat, le gouvernement suisse a annoncé des mesures renforcées, mais l’impact sur la sécurité nationale et les procédures politiques reste inconnu. Avec près de 99 % des demandes nord-africaines rejetées, le système d’asile ne répond plus à son objectif initial : protéger les personnes en danger. La Suisse doit choisir entre maintenir un mécanisme obsolète ou réinventer une solution qui respecte à la fois sa sécurité et ses engagements humanitaires.