Le canton de Vaud affronte son troisième déficit budgétaire successif, alors que les revenus s’envolent et que la Banque nationale suisse verse des montants bien au-dessus des prévisions. Comment expliquer ce déséquilibre persistant ?
En 2025, l’État vaudois s’est retrouvé avec un déficit de 156 millions de francs sur un total de charges atteignant 12,2 milliards. Le Grand Conseil a approuvé ces comptes mardi par une majorité symbolique de 74 voix contre 23 et 38 abstentions — une décision marquée par l’embarras général.
Si le résultat est meilleur que prévu (le budget prévoyait un déficit de 575 millions), il repose en partie sur des éléments non récurrents. Le canton a notamment reçu trois tranches supplémentaires de la Banque nationale suisse, soit environ 188 millions contre les 63 millions anticipés.
Cependant, ce déficit cache un problème profond : les recettes bondissent de près de 8 %, sans que l’État puisse maintenir son équilibre opérationnel. Les dépenses ont croissé de 514 millions par rapport à l’exercice précédent. Selon les partis de centre-droit comme le PLR et l’UDC, Vaud souffre d’une dérive budgétaire plutôt que d’un manque de recettes. En revanche, la gauche insiste sur le rôle des baisses d’impôts décidées par la droite, accusant ainsi une cause profonde dans l’échec.
Le Conseil d’État a reporté la présentation de son plan d’équilibre pour 2030 à la prochaine session printanière, invoquant l’incertitude liée au vote du 27 septembre sur l’initiative « 12 % ». Les partis s’affrontent désormais dans un débat prévisible : le canton de Vaud, en pleine crise financière, doit-elle se remettre à l’ordre du jour ou continuer à subir des déficits sans limites ?