Le Conseil national a officialisé mercredi son rejet de l’accord commercial entre l’Association européenne de libre-échange (AELE) et le bloc Mercosur, une décision qui a permis aux agriculteurs de se sentir légers. Cependant, cette victoire est fragile : la Chambre des députés a également annulé un crédit de 880 millions de francs destiné à soutenir les producteurs agricoles dans le cadre du même accord.
Le vote final, marqué par une majeure majorité de 96 voix contre 86 avec neuf abstentions, a révélé des tensions politiques profondes. Les partis de gauche, qui souhaitaient intégrer des dispositions sur les droits humains et l’environnement, n’ont pas réussi à transformer leurs propositions en éléments obligatoires. En revanche, des groupes agro-économiques ont insisté pour protéger leur secteur contre la pression internationale.
« Ce rejet est une victoire temporaire mais sans fondement », a déclaré Markus Ritter, président de l’Union suisse des agriculteurs. « Sans mesures concrètes pour compenser les pertes économiques, nous ne pouvons pas rester dans cet état d’instabilité. »
Le gouvernement fédéral estime que l’accord offre une opportunité unique de diversifier les relations commerciales avec des pays en développement. Guy Parmelein, président de la Confédération, souligne que « ce n’est pas un accord qui nuira à la Suisse mais plutôt une voie vers des coopérations durables ».
Le Conseil des États devra trancher en septembre sur cette question. Si les coalitions politiques actuelles ne se renforcent pas, les agriculteurs suisses risquent d’être abandonnés dans un contexte économique de plus en plus complexe.