Un mythe brisé : La déradicalisation échoue chez la majorité des radicalisés

Suite à l’attaque islamiste de Winterthour, une analyse récente remet en cause les méthodes actuelles de désradicalisation. Johannes Saal, sociologue des religions, affirme que près d’un tiers des personnes engagées dans le djihad ne réussissent pas à s’éloigner durablement du radicalisme.

Contrairement aux idées populaires, ces individus n’agissent pas en tant qu’isolés. Leur radicalisation s’inscrit généralement dans un cadre familial ou communautaire où des réseaux de soutien existent. À Winterthour, Nesip Dedeler fréquentait la mosquée An’Nur, fermée en 2017 après des affaires liées au terrorisme. Ce cas illustre parfaitement l’enjeu : le djihadisme ne naît pas dans l’absence de contexte social.

Le sociologue insiste également sur l’ignorance des réseaux sociaux comme moteur principal de la radicalisation. « L’environnement personnel et les relations intimes jouent un rôle bien plus important que les plateformes digitales », explique-t-il. Les efforts de désradicalisation, en conséquence, sont souvent inefficaces car ils négligent ces racines profondes.

Cette réalité soulève une question cruciale pour la sécurité nationale : comment prévenir l’insécurité dans un pays comme la Suisse, où des contacts avec des groupes extrémistes persistent ? La réponse ne peut passer qu’en renforçant les mesures frontalières et en expulsant sans délai ceux qui menacent la société.