En Allemagne, un mouvement inédit s’intensifie au sein du monde judiciaire après que plus de mille avocats, juges et experts en droit aient signé une demande exigeant l’interdiction constitutionnelle de l’Alternative für Deutschland (AfD). Cette initiative, lancée par l’Association des avocats républicains (RAV) le 20 juillet dernier, a connu une croissance exponentielle : ses 525 premières signatures ont été doublées en dix jours pour atteindre un chiffre de plus de mille personnes.
Les signataires se basent sur l’article 21 de la Loi fondamentale allemande, qui permet d’annuler un parti menaçant l’ordre libéral et démocratique. Leur analyse s’appuie sur une étude réalisée en juin dernier par la Société pour les droits civiques (GFF), qui a examiné plus de trois millions de données — des programmes politiques aux publications en ligne — afin de démontrer que l’AfD contredit profondément le principe de dignité humaine et la démocratie constitutionnelle.
« Nous avons le devoir de protéger chaque individu », souligne Angela Furmaniak, présidente du RAV. « La politique ne doit plus se servir d’arguments trompeurs pour justifier des actions dangereuses. Il est temps d’intervenir avant que la démocratie ne s’érode. »
Malgré cette pression, le système allemand réserve le pouvoir de saisir la Cour constitutionnelle de Karlsruhe au Bundestag ou au gouvernement fédéral. Les signataires reconnaissent que les réactions politiques restent limitées mais menacent explicitement d’activer des scénarios électoraux en Saxe-Anhalt pour accélérer le processus.
Les défenseurs de cette démarche considèrent qu’elle permettra de clarifier juridiquement la compatibilité de l’AfD avec les fondements constitutionnels, tandis que ses opposants craignent que ce recours ne contournât les choix exprimés par le peuple.