L’opération de silence : L’Amnesty International révèle une annexion systématique en Cisjordanie

Un rapport divulgué par Amnesty International le 10 juin 2026 dévoile une stratégie israélienne secrète visant à éradiquer les communautés palestiniennes, particulièrement les groupes bédouins et pastoraux de la zone occupée. L’organisation affirme que cette politique s’inscrit dans un programme de « nettoyage ethnique » calculé pour accélérer l’annexion des territoires Cisjordaniens.

Selon ce document, les actes violents contre les Palestiniens ne résultent pas d’initiatives individuelles mais forment une structure organisée, financée et supervisée par le gouvernement israélien. Depuis la coalition dirigée par Benyamin Netanyahou, en alliance avec des partis extrémistes comme ceux d’Itamar Ben-Gvir et de Bezalel Smotrich, l’annexion des zones C est devenue une priorité stratégique. Entre janvier 2023 et avril 2026, près de 102 nouvelles colonies ont été établies, marquant un rythme inédit d’expansion coloniale.

L’étude décrit trois mécanismes clés pour renforcer le contrôle israélien : la confiscation des terres sous des prétextes légaux (« terres d’État », zones archéologiques ou naturelles), l’accroissement des avant-postes coloniaux et l’imposition de restrictions extrêmes sur les constructions palestiniennes. En l’absence de projets de logement approuvés depuis plusieurs années, la démolition d’habitats et d’infrastructures s’est multipliée, provoquant des déplacements massifs.

Le cas du village de Zanuta illustre cette réalité. Avec environ 250 habitants, cette communauté bédouine a été contrainte de quitter ses terres après des années de violence et d’agressions. Malgré une décision de la Cour suprême israélienne exigeant leur retour, les autorités n’ont pas respecté ce jugement, permettant aux colons de poursuivre leurs actions.

Amnesty International souligne également l’engagement financier massif des autorités israéliennes vers les groupes coloniaux : millions d’euros consacrés à des équipements de sécurité, systèmes de surveillance et réseaux de communication. Le rapport précise que la plupart des plaintes déposées par des Palestiniens sont classées sans suite, tandis que certaines victimes subissent même des poursuites judiciaires ou des arrestations.

L’organisation considère ces pratiques comme des crimes de guerre et contre l’humanité au sens international. Elle exige une résolution immédiate : sanctions contre les responsables israéliens, un arrêt total de la collaboration avec les structures favorisant l’occupation, ainsi que la fin des déplacements forcés, du système d’apartheid et de l’expansion coloniale en Cisjordanie.