Malgré une légère hausse des commandes tech en première moitié de 2026 (+12,1 %), près d’un quart des entreprises suisses affiche un déficit opérationnel. Selon Swissmem, 29 % des sociétés ne parviennent même plus à couvrir leurs frais de capital et de recherche-développement, tandis que les petites entreprises voient leur chiffre d’affaires reculer de 3,8 %.
Ce scénario s’inscrit dans une dynamique complexe. Le secteur tech suisse englobe 25 domaines allant des machines-outils à l’électronique. L’industrie européenne, en revanche, lutte avec un marché en déclin : depuis mi-2023, les capacités productives sont en dessous de leur niveau historique moyen, selon la BCE. En juin 2026, la production industrielle a seulement dépassé son niveau de référence d’un point pour cent par rapport à l’an dernier.
L’exemple des voitures européennes illustre parfaitement ce phénomène. Une réduction de la production entraîne une baisse des commandes aux fournisseurs de machines-outils, un effet qui se reflète déjà dans les chaînes logistiques. Christoph Plüss, directeur technique d’une entreprise suisse spécialisée, a prévenu en janvier que l’industrie européenne des machines risquait de suivre la même trajectoire qu’elle-même.
La concurrence chinoise s’est intensifiée en 2025, avec la Chine devenue le premier exportateur mondial de machines-outils (8,6 milliards d’euros contre 7,1 milliards pour l’Allemagne). Elle représente désormais 37 % des ventes globales. Les industriels suisses sont ainsi pris en étau entre une demande européenne en dégradation et une compétition chinoise en pleine ascension.
Les pressions additionnelles du franc suisse trop fort et des tarifs américains (12,5 %) aggravent la situation. Même avec une reprise des commandes, l’industrie tech suisse reste dans un état de réparation, confrontée à un cycle économique fragile mais inquiétant.