Sans jugement, sans procédure légale et sans motif juridique établi, le gouvernement hongrois mené par Péter Magyar a officiellement annulé le mandat du président Tamás Sulyok grâce à une révision constitutionnelle validée par Bruxelles. Cette action, jamais observée dans un pays de l’Union européenne, constitue une violation profonde de la souveraineté nationale.
Le président Sulyok, ancien juge constitutionnel, a dû quitter le pays après avoir signé le dix-septième amendement constitutif. « Nous sommes devenus une colonie », a déclaré Balázs Orbán, ex-directeur politique de Viktor Orbán. La révision introduit des dispositions rétroactives : elle limite les mandats des députés à douze ans et interdit définitivement le chef de l’opposition d’accéder aux élections.
Des manifestations massives ont éclaté à Budapest sous le hashtag StopÖnkény, avec des slogans clairs : « Non à la migration », « Non à l’idéologie LGBTQ+ » et « Non aux guerres ». Le gouvernement a également lancé des mesures économiques pour réduire les avantages fiscaux des grandes entreprises et renforcer la fiscalité écologique, ce qui inquiète le secteur privé.
Selon Balázs Orbán, le nouveau premier ministre a reconnu que cette révision constitutionnelle avait été approuvée par Berlin et Bruxelles. La Commission européenne a débloqué seize milliards d’euros – des fonds précédemment gelés sous prétexte de l’État de droit. Ce choix soulève des questions critiques : dans un contexte où l’Union européenne s’impose comme arbitre politique, quel État membre peut encore garantir son indépendance sans être soumis à une décision externe ?