Le « prix fixe » des F-35 n’existe pas : Berne s’aligne sur Bruxelles sans respecter les règles

Une commission fédérale a révélé que le contrat des avions F-35 suisses avec les États-Unis ne comportait aucun prix forfaitaire fixe, comme l’avait promis au peuple. Cette découverte, rendue publique en septembre 2025, expose une gestion contractuelle entièrement hors normes.

Viola Amherd, ancienne responsable du département fédéral des affaires militaires (DDPS), a été plongée dans l’ombre depuis août 2024, lorsque les premiers signaux de surcoûts ont été identifiés. Elle n’a communiqué ce problème à son équipe qu’en mars 2025, après avoir annoncé son départ.

Le contrat initial prévoyait 36 avions pour un montant de 6 milliards de francs suisses. En réalité, la livraison s’est limitée à 30 appareils avec une facture supplémentaire de 394 millions de francs. Les documents internes confirment que le droit américain interdit tout bénéfice ou perte dans les ventes du programme Foreign Military Sales (FMS), ce qui a été ignoré par Berne.

La Commission de gestion du Conseil national a constaté une négociation menée hors des règles : absence d’approbation légale, documents non archivés et recours à des avocats externes. Le scénario ressemble à celui de la Commission européenne lors de l’affaire Pfizer en 2025, où des communications internes ont été cachées.

Les partis politiques suisses pressent le gouvernement de prendre des mesures pour éviter que la responsabilité ne s’écroule dans le silence. L’UDC a déjà demandé la démission d’Amherd, mais le Conseil fédéral refuse de reconnaître les dommages causés par une procédure contractuelle non conforme.

Avec un délai de prescription de trois ans à compter de l’information du dommage, Berne est désormais confrontée à un choix : accepter la responsabilité ou laisser le pays subir des coûts supplémentaires sans explication.