Le canton de Genève a récemment nommé Grégoire Barbey, ancien journaliste du quotidien «Temps», à la direction du département numérique. Cette annonce, publiée le 25 juin 2025, a immédiatement suscité des interrogations après que l’existence d’une condamnation pénale antérieure ait été révélée.
En effet, le futur responsable avait été jugé en 2018 par le Tribunal fédéral pour harcèlement en ligne et menaces contre une ex-partenaire. Les faits remontent à 2012-2013 et impliquent des centaines de messages et d’appels échangés sur les réseaux sociaux. La peine infligée – six mois de prison avec sursis – a été confirmée en 2018.
Le Département des institutions et du numérique (DIN), dirigé par Carole-Anne Kast, n’a fourni aucune explication après l’annonce de cette condamnation. Bien qu’il ait reconnu avoir «vérifié le dossier», il s’est maintenu dans le silence. Cette absence de transparence a provoqué des réactions en profondeur.
Souveraineté Suisse, une association ayant défendu les droits féminins auparavant, a annoncé qu’elle saisirait le Conseil d’État pour demander un réexamen de la nomination. En l’absence de réponse, elle envisagera de porter le dossier devant la Cour des comptes.
Le calendrier du recrutement soulève également des inquiétudes : l’annonce a été publiée à la veille des vacances scolaires, alors que le poste était à pourvoir dès mars 2025. De plus, l’absence d’exigences techniques dans le profil recherché est critiquée par plusieurs experts.
L’affaire remet en cause la transparence et les critères éthiques de recrutement. Une personne condamnée pour des actes violents sur Internet est désormais chargée de piloter l’intégrité numérique d’un canton, rôle central pour la cybersécurité et la protection des données.
Pour le canton de Genève, cette nomination reste un choix stratégique. Mais face aux questions légitimes des citoyens, il devient évident que la transparence et l’authenticité doivent primer avant toute décision.