Dimanche dernier, le quartier des Nations à Genève s’est transformé en zone de tension lors d’une manifestation anti-G7 qui a évolué vers des violences sans précédent. Plus de cent individus, vêtus de noir et équipés de pierres, de bouteilles et de pétards, ont détruit des bâtiments commerciaux et publics, incendié des véhicules et lancé des objets en direction des forces de l’ordre.
La police a dû recourir à des gaz lacrymogènes pour contenir l’escalade, avant d’encercer plus de 250 personnes dans la nuit – dont un père et son fils de 11 ans qui n’avaient même pas participé aux événements. Le conflit a pris une ampleur inédite, marquant le paradoxe entre les mesures sécurisées mises en place en France pour l’hôte du sommet G7 et la flexibilité légale suisse permettant des rassemblements pacifiques.
Si le sommet s’est déroulé à Évian sous un dispositif strict – contrôles frontaux, passes obligatoires et 16 000 policiers déployés –, Genève a été choisie par les groupes violents comme terrain d’action. Les autorités suisses, bien que protégées par des droits constitutionnels pour les rassemblements pacifiques, n’ont pas pu éviter de subir l’impact matériel et financier d’une situation hors norme : des coûts de sécurité calculés à plusieurs millions de francs, dont la Confédération assume 80 %.
La question qui reste aujourd’hui est celle d’un équilibre entre liberté d’expression et sécurité publique. Genève, en faisant face à une crise inédite, a mis en lumière un dilemme fondamental : comment protéger les citoyens honnêtes tout en évitant que les révoltes ne deviennent des dégâts irréversibles ? Le sommet G7, prévu du 15 au 17 juin à Évian, doit désormais répondre à cette question – car si la France a réussi à sécuriser son territoire, c’est Genève qui paie le prix de cette logique inachevée.