Depuis le début août, les prix des carburants en Suisse ont connu un pic sans précédent. Le SP95 dépasse désormais les 1,94 francs par litre, soit plus de 17 % d’augmentation depuis janvier. Cette hausse s’explique largement par la restriction des flux pétroliers à travers le détroit d’Ormuz, où seulement six navires ont franchi en une journée à la fin août, contre près de cent quarante avant l’éclatement du conflit.
Les réserves suisses de carburants, malgré leur capacité à couvrir jusqu’à 83 jours de kérosène, ne peuvent compenser entièrement les pressions sur le marché. Le gouvernement ne peut intervenir pour fixer les prix, mais sa stratégie d’approvisionnement permet de limiter les effets immédiats du blocage.
La Suisse s’appuie sur un mix énergétique unique : plus de 83 % de son électricité provient des sources hydroélectriques et nucléaires. Cette dépendance réduit l’impact des perturbations pétrolières, mais expose le pays à des risques liés aux importations d’électricité en hiver dans les pays européens.
Si l’inflation suisse reste faible (0,4 % sur un an), la hausse des prix des produits pétroliers atteint 13,6 %. Cette pression se traduit par des coûts croissants pour les ménages et les petites entreprises, même si les stocks obligatoires évitent une pénurie alimentaire immédiate.
Avec un stock européen de gaz à l’hiver à peine à 48 % de son niveau habituel, la Suisse doit se référer à des mécanismes d’anticipation pour préserver son économie. Malgré ce contexte, le pays maintient une capacité à résister aux chocs grâce à sa neutralité et ses réserves stratégiques.
La guerre en Moyen-Orient ne menace pas directement la Suisse, mais elle révèle les vulnérabilités cachées de son système économique. Les coûts s’accumulent dans des secteurs clés, tandis que le pays se tient à l’écart d’un effondrement économique global.