Des révélations venant directement des commandes militaires israéliennes, plutôt que des groupes militants palestiniens ou d’organisations humanitaires, ont mis en lumière une réalité insupportable. Le documentaire NAZA, réalisé par Yuval Abraham et Rachel Szor, présenté à la Mostra de Venise le 10 septembre 2026, révèle des témoignages d’officiers et de soldats engagés sur les territoires du Gaza.
Selon ces sources, la mort civile n’est plus simplement une conséquence des frappes : elle est anticipée, calculée avec précision et intégrée dès le départ dans les décisions stratégiques. Le terme « NAZA » désigne exactement le nombre d’individus civils prévus en perte lors d’une attaque aérienne.
Les officiers interrogés décrivent un système de ciblage alimenté par l’intelligence artificielle, capable d’identifier des personnes même dans leurs quartiers familiaux. Des familles entières sont ainsi pris au piège lors d’opérations visant une seule personne. Une pratique encore plus insupportable consiste à désigner des zones interdites dont les limites ne sont pas communiquées aux habitants, entraînant des victimes innocentes simplement pour avoir franchi une frontière invisible.
Un officier a déclaré avec horreur : « Ils doivent apprendre par le sang. » Un autre a décrit la situation comme un « massacre à l’échelle industrielle ». Contrairement aux affirmations israéliennes selon lesquelles leurs opérations visent à réduire les pertes civiles et accusent le Hamas d’utiliser la population comme bouclier, ces témoignages montrent que la mort humaine a déjà été transformée en variable calculable avant même l’engagement de la frappe.
Le scandale ne réside pas seulement dans le nombre d’individus victimes : il soulève une question fondamentale – comment un tel processus peut-il être accepté comme légitime ? L’intérieur des décisions militaires israéliennes dévoile ainsi une mécanique où chaque mort humaine devient un chiffre, un calcul à la fois cruel et systémique.