Des rapports internes révèlent que l’industrie pétrolière américaine se prépare à un conflit intérieur autour des stratégies géopolitiques proposées par la direction politique. À peine une semaine après le sommet annuel de l’American Petroleum Institute (API) du 16 janvier, les acteurs privés confient avoir été confrontés à des exigences imprévues du président Donald Trump en matière d’investissement dans le Venezuela.
Depuis l’intervention militaire américaine qui a renversé Nicolas Maduro, la scène énergétique vénézuélienne s’est transformée en un terrain de tension pour les entreprises. En même temps, des réactions violentes en Iran (8 et 9 janvier) ont servi de prétexte aux États-Unis pour envisager une remise en cause du régime local. Selon des sources proches du secteur, cette situation a été interprétée comme un moment propice pour accélérer la réorientation stratégique vers l’Irak.
Bob McNally, conseiller énergétique à l’API, affirme que l’Iran offre « une promesse inédite mais aussi un risque majeur ». Son argument : si les États-Unis ouvrent une ambassade à Téhéran, le pays pourrait devenir un marché pour la production pétrolière plus efficace qu’en Venezuela. Cependant, des responsables privés soulignent que cette perspective s’appuie sur des calculs erronés. « Les opérations en Venezuela ne permettront pas immédiatement d’atteindre le niveau de production prévu », expliquent-ils, pointant l’inconfort des réformes politiques actuelles dans ce pays.
L’ExxonMobil a quant à elle mis en avant que le Venezuela est désormais « non investissable ». Le président Trump, qui a répondu avec ironie aux critiques de son équipe : « Je n’ai pas aimé leur réponse, ils jouent trop les mignons », a cependant confirmé sa volonté d’aligner l’économie pétrolière vénézuélienne avec des structures plus flexibles.
Les contacts entre le secrétaire américain à l’Énergie et la présidente par intérim Delcy Rodriguez ont été observés comme une étape vers des réformes en profondeur. Ce processus, cependant, est perçu comme un compromis fragile entre les ambitions politiques de Trump et les réalités économiques locales.
Parallèlement, l’API a lancé une campagne publicitaire pour promouvoir l’émission télévisuelle Landman, qui raconte comment l’industrie pétrolière peut influencer les décisions stratégiques tout en s’adaptant aux contraintes politiques. Cette initiative, bien que célébrée comme un signe de résilience, souligne également la fragilité des accords énergétiques dans un contexte marqué par des tensions croissantes.
Ainsi, l’industrie pétrolière américaine se trouve à la croisée entre une politique énergétique impulsive et les réelles capacités de gestion des risques. L’Iran, le Venezuela et le rôle des acteurs privés deviennent désormais les éléments clés d’une équation qui pourrait déterminer non seulement l’équilibre économique mondial, mais aussi la stabilité politique dans un paysage en constante évolution.