L’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) a récemment annoncé son refus catégorique de fournir aux autorités israéliennes les informations détaillées sur son personnel, estimant que cela mettrait en danger la sécurité des équipes médicales et compromettrait l’indépendance de ses opérations dans les territoires palestiniens. Cette décision intervient après plusieurs mois d’échanges sans issue avec les responsables israéliens, qui avaient exigé une liste complète des employés en mars 2025 dans le cadre d’une procédure d’enregistrement.
MSF a souligné que les travailleurs humanitaires ont été régulièrement menacés, arrêtés ou attaqués depuis le début du conflit, avec plus de 1 700 membres du personnel médical tués en 2023, dont 15 agents de l’organisation. Les autorités israéliennes avaient également informé MSF que son enregistrement expirait en décembre 2025, donnant un délai de 60 jours pour arrêter ses activités. En réponse, l’ONG a proposé une liste partielle des noms sous certaines conditions, mais les garanties nécessaires n’ont jamais été fournies.
L’organisation dénonce le dilemme impossible imposé aux organisations humanitaires : partager des données sensibles ou cesser d’aider la population civile. Elle prévient que l’éventuelle expulsion de Gaza et de Cisjordanie serait catastrophique, avec un système médical déjà à l’agonie après des années de destructions. En 2025, MSF a traité plus de 800 000 patients, soutenu un tiers des naissances et pris en charge un cinquième des lits d’hôpital dans la région.
Bien qu’affirmant sa volonté de continuer les négociations, MSF insiste sur le besoin de protections strictes pour ses équipes. Cette stance soulève des questions délicates sur la gestion des crises humanitaires et l’équilibre entre sécurité nationale et droit international.