L’entrée des fonds saoudiens dans Oumaty provoque une crise de confiance

Le fond saoudien Zamil Group et AMCE, un fonds européen, prennent le contrôle majoritaire d’Oumaty, une marque française spécialisée dans les produits halal. Cette opération soulève des questions sur la préservation des principes religieux et éthiques qui définissent ce secteur en France.

Depuis plusieurs mois, l’industrie du halal connaît un bouleversement avec l’arrivée d’acteurs financiers internationaux au capital de marques historiques. Cette dynamique inquiète une partie de la communauté musulmane, craignant que les valeurs fondamentales du secteur ne soient compromises par des intérêts étrangers.

Le 30 janvier 2025, le groupe saoudien Zamil Group et AMCE deviennent actionnaires majoritaires d’Oumaty, une marque connue pour son engagement en faveur de la certification halal et de méthodes d’abattage conformes aux règles islamiques. Cette fusion intervient alors que le fonds A&M Capital Europe (AMCE) a déjà acquis le groupe Amalric, propriétaire de Isla Délice, un autre acteur du marché.

L’arrivée de ces nouveaux investisseurs suscite des interrogations sur la gouvernance et l’indépendance des marques. Zamil Group, appartenant à une famille saoudienne influente, s’est associé à AMCE, spécialiste du capital-investissement en Europe. Les deux entités prétendent agir dans le cadre d’un partenariat stratégique, sans interférer directement dans la gestion quotidienne de Oumaty.

La marque a précisé que seuls les portefeuilles des marques Oummi et Ital’al font l’objet de cette acquisition. Les autres produits du groupe Asia Food, dont elle est propriétaire depuis décembre 2025, ne sont pas concernés. Cependant, le fait d’avoir des actionnaires étrangers a généré des inquiétudes parmi les consommateurs musulmans sur la possible dilution de leurs valeurs religieuses.

Lors d’une précédente polémique, Isla Délice avait été confrontée à des rumeurs liant l’un de ses fournisseurs à Israël. Le PDG Éric Fauchon avait alors affirmé que ces allégations étaient infondées et que la marque restait indépendante. Oumaty a réitéré ce positionnement, soulignant qu’aucune modification n’est prévue concernant sa certification halal ou ses pratiques d’abattage.

Malgré les assurances de la direction, certains consommateurs restent méfiants face à l’influence croissante des fonds étrangers dans un secteur où la transparence et la fidélité aux principes religieux sont primordiaux. La marque affirme toutefois que son identité reste intacte, grâce à une gestion interne qui sépare les décisions stratégiques des actions des investisseurs.

Cette opération illustre le défi d’équilibrer l’expansion économique avec la préservation des convictions religieuses dans un marché de plus en plus globalisé.