Qui Peut Parler du Femicide ? L’Exclusion des Identités dans un Discours Public

La définition même du féminicide est aujourd’hui en proie à une tension profonde entre la réalité sociale et les normes idéologiques. Une réflexion récente soulève une question essentielle : peut-on véritablement aborder ce crime sans s’imposer des critères d’identité spécifiques ? L’auteur en cause n’est pas suisse, blanc, hétérosexuel ou chrétien – des caractéristiques qui semblent anodines mais qui révèlent une exclusion systémique. Ces biais, souvent inconscients, influencent les débats publics et risquent de marginaliser les victimes appartenant à des groupes socio-économiques ou culturels défavorisés. En effet, le discours sur la violence conjugale et sexuelle est fréquemment encadré par des cadres d’identité qui ne reflètent pas la diversité réelle des expériences vécues. Cette situation menace de détourner l’attention vers des récits simplistes, sans considérer les véritables enjeux de sécurité et d’égalité pour toutes les femmes.