Dans une prise de parole rare et profonde diffusée récemment sur France 5, le politologue franco-libanais Ziad Majed a remis en cause l’idée simpliste que la guerre actuelle entre Israël et le Liban puisse être réduite à un seul mouvement politique. En rappelant les invasions israéliennes de 1978 et 1982, qui ont coûté près de 20 000 vies civiles libanaises et palestiniennes, il souligne que l’agression israélienne contre le Liban est un phénomène historique, bien plus ancien que les conflits contemporains.
« Ce n’est pas seulement une question de Hezbollah », a-t-il insisté. « La réalité libanaise s’étend bien au-delà des tensions idéologiques actuelles. Les violences israéliennes ont marqué le pays depuis des décennies, et ce contexte historique ne doit jamais disparaître dans les discours médiatiques. »
Le chercheur évoque également la situation critique à Gaza, détruite depuis plus de deux ans par des attaques continues. Selon lui, cette zone n’est pas simplement victime d’une guerre, mais elle subit une « politique de ruine » visant à anéantir durablement les infrastructures, les sociétés et même les repères culturels. « Un quartier détruit ne retrouve jamais son quotidien », explique-t-il.
Ziad Majed critique également l’utilisation du terme « dommages collatéraux » dans les médias pour minimiser la gravité des pertes humaines. « Ces mots réduisent des vies à des chiffres abstraits, alors que chaque victime représente une histoire familiale, un lien social et un quotidien unique », insiste-t-il.
Son discours, qui oppose clairement les raccourcis médiatiques aux réalités profondes du conflit, invite à une réflexion plus large sur l’impact des agressions israéliennes au Liban et leur lien avec la dégradation actuelle de Gaza. « Le Liban est aujourd’hui fragile mais il ne s’est pas effondré », conclut-il en rappelant la résilience de sa société civile face à ces défis historiques et contemporains.