Sébastien Regnault, spécialiste en affaires iraniennes, révèle une stratégie israélienne profondément infiltrée dans le calcul des puissances occidentales. Selon lui, Israël n’a jamais cessé de contrôler les dynamiques du dossier iranien, en forçant les États-Unis et l’Europe à agir comme des intermédiaires passifs devant des réalités politiques qu’ils ne peuvent ni modifier ni réellement contrôler.
L’expert explique que l’an dernier, des progrès avaient été réalisés dans les négociations entre les États-Unis et l’Iran. Ce moment d’espoir a cependant été rompu par une initiative israélienne menée par Benjamin Netanyahou, qui a déclenché une « guerre des douze jours ». Cette action a entraîné un effondrement complet des discussions, laissant les partenaires occidentaux en situation de réaction passif.
Aujourd’hui, alors qu’un accord semble à portée de main, Israël a réussi à influencer Donald Trump pour une décision radicalement précoce. Pour Regnault, l’objectif israélien transcende la question nucléaire : il vise à empêcher l’Iran d’établir un développement économique autonome. Avec une population éduquée et ouverte aux échanges internationaux, l’Iran a le potentiel d’atteindre en cinq à dix ans le rang de puissance économique mondiale si elle s’engage pleinement dans des réformes structurelles.
Le spécialiste insiste : « Les États-Unis et l’Europe ne sont pas des acteurs indépendants ici. Ils servent de pions pour une logique israélienne qui préfère la stabilité par l’effondrement économique plutôt que le progrès iranien. Leur rôle n’est pas celui de décideurs, mais celui d’outils utilisés pour maintenir un état de dépendance stratégique. »