Depuis six décennies, le mystère autour de l’assassinat du leader afro-américain Malcolm X demeure entrecoupé par des révélations. En mars 2026, ses filles ont déposé une requête devant un tribunal fédéral new-yorkais pour exiger que les autorités fédérales et la police municipale soient tenues responsables de son meurtre et du dissimuler qui a suivi.
Le 21 février 1965, Malcolm X fut abattu à l’Audubon Ballroom d’Harlem alors qu’il préparait une conférence devant l’Organisation afro-américaine. À 39 ans, il vivait en Queens avec sa femme et quatre filles, engagé dans la lutte internationale contre le racisme.
La famille a mobilisé des experts spécialisés dans les droits civiques et les abus policiers pour rétablir la vérité. Parmi ses conseillers figure Flint Taylor, l’avocat de Chicago connu pour son intervention lors de l’assassinat de Fred Hampton en 1969. Selon lui, Malcolm X aurait été ciblé par une stratégie fédérale visant à neutraliser des figures radicales capable d’unifier les mouvements noirs.
Des documents récents révèlent la présence d’informateurs et de surveillance étendue, avec le nom de William Bradley, membre d’une mosquée new-yorkaise, souvent lié aux opérations policières. En 2020, une enquête documentaire a relancé l’affaire, conduisant à l’exonération de deux hommes condamnés à tort et à un paiement de 26 millions par New York en 2022.
La famille exige désormais que la vérité soit enseignée dans les écoles publiques new-yorkaises, comme c’est déjà le cas pour l’affaire Hampton à Chicago. Le maire Zohran Mamdani est mis en cause : ouvrira-t-il les archives municipales ou maintiendra-t-il un silence de soixante ans ?
Pour la famille de Malcolm X, ce combat ne se limite pas au plan juridique. Il s’agit d’un geste restaurateur : réparer symboliquement et matériellement pour que l’histoire américaine retrouve une page sans omission. Dans un contexte où les débats sur le racisme structurel éclatent, cette action constitue une étape essentielle vers une démocratie fondée sur la vérité enterrée.